Adèle Huber, Soprano
Federica Basilico, Violon
Iris Tocabens, Viole de gambe
Alessandro Gonfiantini, Théorbe
Et si, à quelques siècles de distance, l’air de cour et la chanson de variété racontaient finalement les mêmes histoires ?
Ce programme met en regard deux univers musicaux que tout semble séparer : d’un côté, les airs de cour du XVIIe siècle, de l’autre, la chanson de variété, populaire et familière, qui accompagne depuis le XXe siècle nos histoires d’amour, nos départs, nos doutes et nos désirs.
Pourtant, derrière les différences de langage, les mêmes préoccupations affleurent, les sentiments ne vieillissent pas. De l’air de cour à la chanson de variété, la musique devient le lieu privilégié où l’on met en mots et en mélodie ce que l’on peine parfois à dire autrement. Les airs de cour de Sébastien Le Camus ou d’Antoine Boësset sont ainsi traversés par une parole profondément personnelle. Quatre siècles plus tard, les chansons de Michel Legrand, d’Anne Sylvestre ou de Desireless empruntent d’autres formes et d’autres couleurs, mais elles donnent elles aussi une voix à ces mêmes mouvements intérieurs.
L’Ensemble Les Émissaires vous propose donc de rapprocher ces deux répertoires, en cherchant ainsi à faire entendre une continuité dans notre manière de chanter nos émotions.
L’air de cour était une forme de chanson de son temps. Il circulait dans les salons et les cercles aristocratiques, se chantait, se partageait, et mettait en musique des textes dont la simplicité apparente permettait à chacun de reconnaître ses propres sentiments. La chanson de variété joue aujourd’hui, à bien des égards, un rôle comparable : elle entre dans notre quotidien, devient familière, accompagne les moments de la vie et constitue une mémoire collective.
Au cœur du programme, la musique instrumentale d’Élisabeth Jacquet de La Guerre et de Marin Marais vient prolonger cette réflexion. La musique devient alors langage à part entière, accessible à tout public.
Le programme construit ainsi un jeu de correspondances entre musique savante et musique populaire. Il propose de déplacer notre regard sur l’une comme sur l’autre : écouter les airs de cour avec nos oreilles d’aujourd’hui, et entendre nos chansons contemporaines avec la profondeur historique de la tradition de la chanson.